11- PROPS!!! (côt côt côt prrrrôôôôpppsss!!!)

Publié le par El Direkktor

Au moins aussi importants que les acteurs principaux, les props ou accessoires jouent un rôle fondamental dans l’histoire. Je ne parlerai évidemment pas du livre « VAINCRE! » Qui est avec Seb l’« acteur » principal et que l’on peux compulser dans la rubrique « album photo » de ce blog-makin-of.
En dehors de ce livre que Seb commande par désespoir, il ya bien sûr la conséquence directe de ce bouquin: le « modem », installation à fabriquer soi-même selon la méthode indiquée dans l’ouvrage et destiné à servir de parabole pour facilité le contact avec le divin et suivre l’évolution de l’influence des ondes.
Pas grand chose à dire là-dessus si ce n’est que la blague se fait par le sous-éclairage globale et la présence d’une légion de petites bougies destinée autant à décorer, qu’à éclairer la scène en donnant un aspect le plus mystique possible. Dans l’histoire, Seb passe un temps fou devant ce modem à étudier le manuel et méditer comme on lance une requête silencieuse en brûlant un cierge.
Éclairé différemment et de manière plus crue, on se rends vite compte que cette installation tentaculaire et tortueuse n’est qu’un amas de carton et de composants de vieilles radios éventrées, le tout collé grossièrement au pistolet à colle, quelque fois même directement à la peinture.

Quelques câbles, du fil de fer, un ou deux aller-retour chez Casto et c’est dans la poche. Enfin j’espère.


La perfusion portable accrochée sur le bras de Costes dans la scène du bar m’a demandé plus de temps. Il fallait un liquide à l’intérieur et étanchéifier tout ça relevait du cauchemar puisqu’il ne fallait pas oublier qu’elle jouait dans une séquence de bagarre assez violente. Il fallait par conséquent que l’accessoire soit réellement à toute épreuve.
L’évidence et la facilité font que j’ai longtemps chercher une bouteille qui ferait l’affaire. J’en ai passer quelque légion en revue, des transparentes, des teintées, des graduées, des peintes, des coniques, des cylindriques, etc. J’avais presque trouvé mon bonheur, j’étais aux puces de Clignancourt et j’allais débourser 20€ pour une boutanche vide sous prétexte que c’était un récipient pharmaceutique fin XIXème , début XXème. Et là, d’un coup, j’ai réalisé avec beaucoup de retard que le verre était de toute urgence à écarter. Fallait que je me sorte une bonne fois pour toutes la tête du trou du cul de l’esthétisme absolu car si Costes se bastonnait avec un machin pareil fixé sur le bras, il risquait au moins de s’ouvrir le bras en tombant, sinon se sectionner une artère ou des tendons dans un bain de résiné qui sonnerait le glas des obsèques du film avant même d’avoir achevé le tournage de la première séquence.
J’ai fini par m’en sortir avec un magnum de Schweppes en plastique transparent.
Un quart de litre de flotte, une fermeture en résine à catalyseur doublée d’une soudure dans la masse du plastique et l’engin était paré. Ou presque, car il aurait fallu le claquer contre un mur pour vérifier la solidité dont je doutais quand même, mais si le plastique lâchait en route et que la flotte se répandait pendant les combats, ça pouvait tout aussi bien le faire. Par contre, il aurait fallu abandonner toute idée de seconde prise.
Pour le reste de la fabrication et en dehors de la bouteille: ou moins trois rouleaux de scotch transparent, des rivets, des bouts de plastique, du fil de fer, des garrots, des lettrages à décalquer, des codes barres découpés dans des journaux, du chatterton, une vis de serrage de pied photo, un tuyau transparent de système d’arrosage pour plantes en pot et bien sûr, de la bande élasto, du sparadraps et du filet à compresse.
Le problème à été de fixer ce truc sur Costes. Il y avait bien la bande élasto mais on était en pleine canicule et la sueur décollait la bande. Il à bien fallu se démerder et tricher un peu, raccorder à l’épingle à nourrice, ficeler ici ou là. Le truc n’arrêtait pas de bouger durant les moments calmes du tournage. La bouteille s’acharnait à vouloir faire le tour de son bras en glissant toutes quinze secondes mais pour une fois (et la seule fois) j’avais du monde pour s’occuper de ça et me laisser la tête suffisamment libre pour le reste.
La bouteille à bien tenu le coup malgré les chocs, a ma grande surprise.
Même avec le temps et malgré le résultat obtenir, je restais sceptique quand à la crédibilité de l’engin. Je ne sais pas si c’est moi mais je voyais clairement une bouteille de Schweppes pleine de scotch au lieu d’y voir une perfusion. Jusqu’au jour où, un an plus tard, un type sonne chez moi pour me vendre des trucs. Il débitait son speech en louchant sur la droite, je me demandais bien se qu’il lorgnait. J’ai tourner un peu la tête en faisant mine de l’écouter et je me suis aperçu qu’il regardait la perfusion que j’avais accroché là, dans l’entrée, juste à côté de la porte. Le type à terminé son speech en disant: « mais je vois que vous avez une personne gravement malade ici, je ne vais pas abuser de votre temps! »
Ça m’a rassuré. (et permis de le foutre dehors sans qu’il me refourgue quoi que ce soit).

L’autre élément important de l’histoire, c’est le sac de Laurence (qui ne porte aucun nom dans l’histoire). Dans la scène du bar, on là voit régulièrement entrouvrir discrètement ce sac à  main comme une mini mallette pour en sortir un étui en argent rempli de cigarettes sans filtre qu’elle allume avec un Silvermatch à essence. Ce n’est que quelques scènes plus tard, lorsque le contenu s’étale sous la lampe de la cave de Seb que l’on comprend pourquoi elle l’entrouvre le plus discrètement possible en public.

J’avais d’abord penser à un sac à main très basique d’où elle sortirai au bon moment ses « outils » pour les disposer sur la table à côté du modem selon un schéma précis ressemblant à un kit. Trop compliqué à amener et totalement injustifié par rapport à l’histoire ou au personnage. Simple débordement esthétique. Par contre, en faisant de sac un kit, on ne se pose pas de questions sur le pourquoi et le comment.

A l’intérieur du sac: un briquet, un étui à cigarettes, des sucrettes, deux barrettes à cheveux, des gants de latex, des préservatifs, un vibromasseur et un tube de lubrifiant.
Le tube de lubrifiant est totalement faux. Il s’agit en fait d’un tube d’Arnigel, une pommade sèche pour les bleus. Ce qui était bien pratique car il n’y avait aucun point d’eau dans sous-sol où on tournait et Laurence n’avait pas besoin de se laver les mains à chaque prise. L’Arnigel est sec et sèche tout seul, comme une essence qui s’évapore.

Bien évidemment, il me fallait un vibromasseur. Ça me faisait quand même chier d’aller claquer mon blé dans ce genre d’ustensile et surtout, j’aurai voulu un modèle qui n’existe plus. Celui que l’on trouvait dans les catalogues de la Redoute de mon enfance et que l’on présentait sobrement comme un engin relaxant grâce à ses vibrations. Les photos montraient toujours une fille en sortie de bain, serviette sur la tête et mèches mouillées, emballée dans un peignoir éponge. Elle s’appliquer le vibro sur la joue en souriant.
Où trouver un truc pareil?
C’est un pote, Marco, Saint-Marco, devrais-je dire qui m’a tirer de là! Non seulement il en avait un, mais bien mieux que ça, il était rose!! Alors que ceux des catalogues étaient généralement blancs. Livré avec étui d’origine, la boîte en carton etc. Par contre, il ignorait s’il marchait ou pas. Il a marché, trente secondes, avant de s’arrêter définitivement. Je l’ai bricolé, décrassé les contacts mais rien à faire. Il faudra trouver un substitut au son pour le mixage.


Publié dans vaincre.lefilm

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Ultimo Bastardo 20/01/2006 14:08

Excellent !
une brosse à dents electrique ça peut le faire pour le son ??
Sinon j'ai un pote guitariste ( non c'est pas Ramon !) qui fait des solos de guitares avec un vibro ...au cas ou ....
very dick en plus ...